L'iconographie disponible nous indique qu'au Moyen-Age, mais également après la reconstruction de l'abbaye par l'abbé Dubois au milieu du XVIIe siècle, cet espace formait une transition entre l'abbaye et la ville. La planche 2 de l'album de Croÿ montre cette place, faisant office de marché, au centre duquel la croix et les arbres indiquaient le pouvoir de juridiction de l'abbaye.
Après la reconstruction du XVIIe siècle, l'enceinte de l'abbaye, séparée de celle-ci par un large plan d'eau, formait le côté oriental de cette place. En face de l'enceinte, un îlot de maisons, coupé sur sa largeur en deux par le cours d'eau Marquet formait les limites de la place à l'ouest et au nord, où un verger et le vivier jouxtaient l'abbaye. Les douves sont asséchées à une date inconnue. Les religieux agrandissent la place publique à partir de 1766. Le vivier de l'abbaye, appelé du Clos a marqué la toponymie et n'a été loti qu'au cours du premier quart du XXe siècle. Au sud, la place était fermée jusqu'au début du XXe siècle par un rang de maisons prolongeant la rue des Anges derrière lequel s'ouvrait une autre place appelée marché au XVIIIe siècle. Une fontaine y abreuvait les chevaux.
Des fouilles furent menés en 1849 à l'occasion du nivellement et le repavage de la place. On découvrit les fondations et vestiges d'un aqueduc et une citerne.
Aujourd'hui, la place est occupée en son centre par un parking. Le corps de garde faisant angle avec la rue Thiers et des Anges a été transformé en office du tourisme. La tour abbatiale et l'ancien échevinage, seusl vestiges de l'abbaye, bordent la place. La tour s'ouvre sur le jardin public et abrite aujourd'hui le musée de la ville et conserve les vestiges patrimoniaux de la ville.
L'alignement occidental lui faisant face conserve les maisons datant de la fin du XVIIIe siècle et les édifices néo-flamands construits au cours du premier quart du XXe siècle pour accueillir les nouveaux commerces.
Chercheur de l'Inventaire général du patrimoine culturel.