• enquête thématique régionale, mobilier et objets religieux
  • enquête thématique départementale, la cathédrale de Beauvais
Verrière figurée : Jugement dernier, les Sibylles, les Vierges sages et les Vierges folles (baie 323)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération du Beauvaisis - Beauvais nord-ouest
  • Commune Beauvais
  • Adresse cathédrale Saint-Pierre
  • Emplacement dans l'édifice bras nord du transept (baie 323)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Sibylles (les)
    • Jugement dernier
    • Vierges folles (les)
    • Vierges sages (les)

Dès l'achèvement du bras nord du transept, la vitrerie de la grande rose est commandée aux Le Prince. Jean Le Prince est payé en 1537 pour ses travaux sur la façade nord du transept et Nicolas Le Prince en 1538. Ils sont les auteurs des dix Sibylles garnissant les lancettes sous la rose, reprenant ainsi l'iconographie des vantaux du portail nord. Selon des témoignages anciens, la rose était ornée d'un soleil d'or sur un ciel d'azur semé d'étoiles et de séraphins, datant peut-être du 17e siècle, qui fut détruit en 1940.

En 1958, Max Ingrand réalise de nouvelles verrières pour la rose (Jugement dernier) et pour la première galerie de lancettes (Vierges sages et Vierges folles).

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 16e siècle, 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1537, daté par source
    • 1958, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur : verrier
    • Auteur :
      Le Prince Nicolas
      Le Prince Nicolas

      Actif dans le 3e quart du 16e siècle, il est notamment connu pour avoir réalisé plusieurs retables de l'Oise: le retable provenant de l'église de Marissel, visible dans la chapelle saint Léonard de la cathédrale de Beauvais, ainsi que ceux de Muidorge et de Lafraye.

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      verrier
    • Auteur :
      Ingrand Maurice-Ernest , dit(e) Max Ingrand
      Ingrand Maurice-Ernest

      Maurice-Ernest Ingrand, dit Max Ingrand, est né le 20 décembre 1908 à Bressuire (Deux-Sèvres). Il passe son enfance à Chartres, puis est admis en 1925 à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs. Il en sort diplômé en 1927 et entre dans l’atelier du peintre-verrier Jacques Gruber (1870-1936) où il devient chef de l’atelier de dessin. En 1931, il fonde son entreprise au 8 passage Tenaille à Paris (14e).

      Au début de sa carrière, il s’oriente vers la décoration et produit surtout des glaces gravées destinées au décor d’intérieurs civils. Ses interventions dans le vitrail sont alors rares, mais remarquées (église Sainte-Agnès de Maisons-Alfort, église Saint-Nicaise de Rouen). Après la Seconde Guerre mondiale qu’il passe comme prisonnier, Max Ingrand se préoccupe de reconstituer une équipe et forme un atelier opérationnel dès 1946. Il réalise en 1947 sept verrières pour l’église Saint-Martin à L’Aigle (Orne), édifice partiellement classé. Cette première intervention dans un édifice protégé au titre des MH et les critiques positives dont elle fait l’objet jouent un rôle important dans les rapports qu’il va entretenir avec le service des Monuments historiques. Ce dernier va le solliciter par la suite, autant pour restaurer des vitraux anciens que pour réaliser des compléments de verrières lacunaires et imaginer des créations modernes s’accordant aux édifices anciens. Max Ingrand va ainsi intervenir dans de nombreuses cathédrales (Tours, Beauvais, Strasbourg, etc.), églises prestigieuses (Saint-Ouen de Rouen, Saint-Pierre de Montmartre, etc.) et chapelles de châteaux (Blois, Amboise, Chenonceau), part importante des quelque deux cents opérations qu’il réalise en France à cette période.

      Le style de l’atelier commence à s’affirmer : graphisme très accusé, simplicité de la palette dominée par les rouges et les bleus, stylisation des éléments décoratifs. L’évolution de la peinture vers l’abstraction amène peu à peu les architectes des MH à opter pour des partis non figuratifs. Sans se tourner vers l’abstraction, Max Ingrand va réaliser des verrières décoratives où comptent surtout l’ambiance colorée et le respect des volumes et de l’esprit de l’architecture (église des Jacobins de Toulouse, église Sainte-Jeanne-d’Arc de Gien, etc.). Il exécute néanmoins un certain nombre d’œuvres abstraites pour des édifices contemporains dans les années 1950 (église Sainte-Thérèse du Mans). Ce qui intéresse avant tout Max Ingrand, c’est la lumière particulière à donner à l’édifice – dont le vitrail est une composante essentielle – et qui lui confère son ambiance religieuse, tout en s’adaptant à l’époque de construction et au style du monument.

      En 1968, il décide d’abandonner son activité vitrail et cède son atelier à son plus proche collaborateur, Michel Durand, qui poursuivra cette tâche jusqu’en 1982, mais à une échelle plus réduite sous l’influence des réformes consécutives au concile Vatican II. Max Ingrand se consacre alors à l’architecture et au décor civil, avant de décéder le 25 août 1969 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

      D’après : BLIN, Jean-Pierre. Max Ingrand (1908-1969), un maître verrier dans la deuxième reconstruction. Le point riche. Bulletin de l’Association « Les amis de Louis Mazetier » et de l’art sacré du XXe siècle, n° 11, juin 2013, p. 33-60.

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      peintre-verrier

La façade nord du transept est abondamment vitrée : une grande rose surmonte deux galeries de dix lancettes chacune. Les lancettes de chaque galerie sont juxtaposées et assemblées par paire. Les lancettes de la galerie inférieure sont de tailles égales, tandis que les lancettes de la galerie supérieure présentent trois tailles différentes : les lancettes latérales étant les plus grandes et les deux lancettes centrales les plus petites. L'ensemble est en verre soufflé et les détails peints à la grisaille et au jaune d'argent.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • lancette, 20
    • jour de réseau
    • oculus de réseau
  • Matériaux
    • verre, soufflé, polychrome, grisaille sur verre, jaune d'argent
  • Précision dimensions

    Dimensions approximatives : h = 2000 ; la = 780.

  • Précision représentations

    Dans la première galerie de lancettes (registre inférieur) figurent les Vierges folles et les Vierges sages. Dans la deuxième galerie dix sibylles prennent place sous des dais architecturaux. La plupart des sibylles sont identifiables grâce à des inscriptions situées en dessous et grâce à leurs attributs (de gauche à droite) :

    - la sibylle Érythrée, portant une rose (le lys est normalement son attribut) ;

    - la sibylle de Cumes, portant un coquillage ;

    - la sibylle samienne, portant un berceau (l'inscription située en dessous l'identifie comme la sibylle delphique) ;

    - la sibylle persique, portant une lanterne ;

    - la sibylle libyque, portant une torche enflammée (?) ;

    - la sibylle cimérienne, portant une une corne ;

    - la sibylle tiburtine, portant une main ;

    - la sibylle delphique, portant les clous et la couronne d'épines (l'inscription située en dessous l'identifie comme la sibylle européenne) ;

    - la sibylle Agrippa entourant une colonne ;

    - la sibylle phrygienne, portant une croix-étendard (?).

    Le Jugement dernier est figuré dans les différents lobes de la rose.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant l'iconographie, peint, sur l'œuvre
  • Précision inscriptions

    Inscriptions donnant le nom des sibylles (de gauche à droite) : Sibille erithree/ Sibille cumane/ Sibille delphic (l'inscription ne correspond pas à la sibylle représentée au-dessus)/ Sibille persique/ Sibille libique/ Sibille cim[...]/ Sibille tiburtine/ Sibille europe (l'inscription ne correspond pas à la sibylle représentée au-dessus).

  • État de conservation
    • œuvre complétée
    • plombs de casse
  • Précision état de conservation

    La verrière présente quelques plombs de casse, notamment dans la galerie supérieure des lancettes. Elle a été complétée en 1958 par Max Ingrand, au niveau de la rose et de la galerie inférieure des lancettes.

  • Statut de la propriété
    propriété de l'État
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Protections
    classé au titre immeuble, 1840

Documents d'archives

  • BnF. NAF 6096. Papiers archéologiques du baron De Guilhermy.

    fol. 154
  • BM Beauvais. Collection Bucquet-Aux Cousteaux, tome 26.

    p. 519
  • BM Beauvais. Collection Bucquet-Aux Cousteaux, tome 28.

    p. 313

Bibliographie

  • BARRAUD, Pierre-Constant (Abbé). Description des vitraux des deux grandes rosaces de la cathédrale de Beauvais (XVIème siècle). Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Beauvais : A. Desjardins, 1850, tome I.

    p. 225-246
  • BONNET-LABORDERIE, Philippe. La Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. La Mie-au-Roy : GEMOB, 1978 (Histoire et architecture).

    p. 186 et 191
  • FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978.

    p. 181
  • DESJARDINS, Gustave. Histoire de la cathédrale de Beauvais. Beauvais : Victor Pineau, 1865.

  • LEBLOND, Victor. L'art et les artistes en Ile-de-France au XVIe siècle (Beauvais et Beauvaisis) d'après les minutes notariales. Paris : E. Champion, 1921.

    p. 30
  • LEBLOND, Victor. La Cathédrale de Beauvais. Paris : Henri Laurens, 1926 (Petites monographies des Grands Edifices).

    p. 70-71
  • PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, architecture, mobilier et trésor. Réd. Judith Förstel, Aline Magnien, Florian Meunier et al. ; photogr. Laurent Jumel, Thierry Lefébure, Irwin Leullier. Amiens : AGIR-Pic, 2000 (Images du Patrimoine, 194).

    p. 56
  • WOILLEZ, Emmanuel. Description de la cathédrale de Beauvais, accompagnée du plan, des vues et des détails remarquables du monument et précédée d'un résumé des principaux évènements qui s'y rattachent. Paris : Derache, Beauvais : Caux-Porquier, 1838.

    p. 14
Date(s) d'enquête : 1999; Date(s) de rédaction : 2000, 2014