Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
-
Lefébure ThierryLefébure ThierryCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe au Service régional de l'Inventaire des Hauts-de-France (2023).
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
-
Commune
Mareuil-Caubert
-
Dénominationsvillage
Territoire de la commune
La commune de Mareuil-Caubert fait partie du canton d’Abbeville 2. Elle se compose des anciens villages de Caubert au nord et de Mareuil au sud, et s’étend jusqu’à la sortie de Villers-sur-Mareuil à l’ouest. Son territoire est limitrophe des communes d’Abbeville au nord, d’Épagne-Épagnette à l’est, de Bray-lès-Mareuil au sud et de Villers-sur-Mareuil, hameau d'Huchenneville, à l’ouest. Il s’étend sur une superficie de 9,08 km2. La commune comptabilise 829 habitants en 2021 pour 436 logements dont 365 en résidence principale (source INSEE). La ligne de chemin de fer qui relie Amiens à Calais passe à l’est du village.
Environnement naturel et paysager
Mareuil-Caubert se compose (en 2018) de 53,3 % de terres agricoles, 17,6% de forêts, 17,2 % d’eaux continentales, 13% de prairies, 5,5% de zones humides intérieures et 2,9% de zones agricoles hétérogènes. La commune se situe dans la vallée de la Somme, à l’ouest du fleuve. Son territoire est coupé en deux parties : à l’est le paysage est constitué d’étangs et de marais, à l’ouest s’élève les côteaux des Monts de Caubert. Le village s’est principalement implanté entre ces deux espaces paysagers.
Les marais, étangs et prés tourbeux sont divisés en plusieurs espaces : le marais communal, l’étang de Caubert, l’étang Le Maçon, Le Petit Marais et le marais du Vivier. Plusieurs rivières coulent dans la partie des marais : le Doigt, proche de la Somme, mais également la rivière Maillefeu qui se jette dans le Doigt.
Les Monts de Caubert sont des côteaux calcaires qui s'élèvent au nord-ouest du marais, avec larris (pelouses calcicoles en patois picard), cultures, et quelques bois - dont le bois de Caubert, celui de Mareuil, ou le bois de Fontaine.
Depuis 2004, ces deux ensembles sont protégés par le label Site Natura 2000 "Étangs et marais du bassin de la Somme". C’est également un espace ZNIEFF type 1 qui comprend autant les larris des Monts de Caubert, les cavités souterraines et les marais de la vallée de la Somme. Ces marais sont aussi inclus dans le site Ramsar des Marais et tourbières des vallées de Somme et de l'Avre depuis 2017, distinctions qui valorisent le patrimoine naturel et paysager de Mareuil-Caubert et reconnaissent son caractère particulier.
Développement et structuration du village
Origine et contrainte géographique
La commune s'est développée à proximité du lit de la Somme et au pied des côteaux des Monts de Caubert. En raison des contraintes paysagères, Mareuil-Caubert adopte la forme d’un village-rue : les fermes, habitations et édifices structurants s’alignent principalement le long d’une voie unique. Quelques bâtiments sont implantés sur le coteau ou vers les marais, mais ils restent minoritaires.
Évolution démographique et urbaine
D’après Dom Grenier, il y avait environ 95 maisons à Mareuil et à Caubert au XVIIIe siècle. Le nombre de logements augmente tout au long du XIXe siècle :
- 149 maisons au début du XIXe siècle (cadastre napoléonien),
- 180 en 1836,
- 224 en 1851,
- 228 en 1872,
- 241 en 1911.
Cette expansion répond d’abord à la croissance démographique, puis se poursuit malgré la diminution de la population dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Structuration du village
Le cadastre napoléonien, même s’il est partiellement détérioré, révèle l’organisation du village au début du XIXe siècle. Il a vraisemblablement été dressé avant l’unification des deux communes en 1824. Ce plan permet de comprendre l’évolution de Mareuil-Caubert jusqu’à nos jours :
- Le hameau du Scellier, au nord, relié à Abbeville par le faubourg des Planches, compte 16 parcelles bâties, dont la chapelle Sainte-Marguerite (IA80011070). Cette zone s’étend fortement aux XIXe et XXe siècles, comptant aujourd’hui une centaine d’habitations, principalement construites en alignement sur la rue, accolées les unes aux autres. L’église Saint-Samson est bâtie en 1960 dans ce secteur (IA80011078).
- La rue de Caubert à Mareuil, au sud du hameau, est peu construite au début du XIXe siècle. Aujourd’hui, l’implantation du bâti est toujours lâche et les maisons construites avant les années 1960 sont en alignement sur la rue tandis que celles plus récentes sont précédées d’un jardin.
- Depuis cette rue, la ruelle de Caubert monte vers le coteau et mène au manoir de Caubert (IA80011074), à l’église Saint-Jean (IA80011075) et à deux grandes fermes. L’église est détruite après la Seconde Guerre mondiale mais son cimetière est conservé et un grand lotissement est construit à côté dans les années 1970.
- Mareuil s’organise le long de la Grande Rue Guy-Dovergne, avec quelques rues perpendiculaires menant vers les marais. Le bâti se densifie à proximité de l’église et du château. C’est sur cette rue principale qu’ont été construits, dans la seconde moitié du XIXe siècle (face à l’église), le presbytère (IA80011071), la mairie et l’ancienne école (IA80011072), constituant aujourd’hui le cœur du village. La partie sud-est de la commune, très escarpée, n’a presque pas été construite. Seul un château très ancien, sa ferme et son relais de chasse ont été bâtis sur le coteau, car cette position stratégique permet à l’édifice médiéval de surplomber le reste du village. Toujours au sud, deux rues profitent des vallées sèches pour relier Mareuil aux villages voisins, mais elles sont peu construites.
- À Villers-sur-Mareuil, une partie des maisons de la rue de Villers fait partie de la commune de Mareuil-Caubert.
Forme parcellaires et implantation du bâti
Le bâti se concentre le long de la rue principale, qui relie le hameau du Scellier à Caubert à la rue de Bray à Mareuil. Les parcelles sont généralement petites, avec des édifices de taille réduite. À Mareuil, les maisons s’alignent directement le long de la rue au nord de l’église, tandis qu’au sud, certaines sont perpendiculaires. Les jardins potagers, terres labourables, vergers et prés tourbeux s’étendent à l’arrière des parcelles.
Les quelques grandes fermes de la commune se situent près des deux églises et des anciennes demeures seigneuriales. À Mareuil, cette proximité est peut-être liée à l’ancien prieuré. Dans le modèle de la ferme picarde, les exploitations agricoles s’organisent le plus souvent autour d’une cour fermée.
Évolution du bâti
En 2021, Mareuil-Caubert compte :
- 50 maisons antérieures à 1919,
- 47 construites entre 1919 et 1945,
- 77 entre 1946 et 1970,
- 189 depuis 1971.
Les 97 édifices construits avant 1945 préservent la physionomie de village-rue, avec des maisons en pans de bois, torchis, clin ou brique. Certains de ces bâtiments ont été très modifiés et ont perdu leurs caractéristiques vernaculaires, mais plusieurs exemples remarquables subsistent, comme une maison en pans de bois et torchis du XVIIIe siècle (IA80011079), une ancienne école en pans de bois et torchis de la première moitié du XIXe siècle (IA80011082), ou une ferme picarde en brique de la seconde moitié du XIXe siècle (IA80011081). Ces édifices, restaurés par Maisons paysannes de Somme, illustrent l’évolution du bâti traditionnel picard.
Également, le village est marqué par la Seconde Reconstruction : parmi les 77 édifices construits entre 1946 et 1970 une partie a été reconstruite suite aux dégâts subis par la commune lors de la Seconde Guerre mondiale (IA80011083). Enfin, plus de la moitié des résidences principales de la commune ont été construites après 1970, modernisant l’aspect du village tout en conservant un patrimoine non protégé à valoriser.
Histoire de Mareuil et Caubert
Site et découvertes archéologiques
Les différentes découvertes archéologiques réalisées sur le territoire de Mareuil-Caubert semblent indiquer une occupation du site dès l'époque gallo-romaine. Les prospections aériennes menées par Roger Agache ont permis de repérer les traces de plusieurs enclos, vraisemblablement gallo-romains, au lieu-dit les Vingt-Neuf, aux Monts de Caubert, ou au "château de Caubert".
Laurent-Joseph Traullé, ancien procureur du roi, effectue des fouilles en 1822 sur les Monts de Caubert et fait la découverte de ce qui serait un ancien oppidum. Les hauteurs des Monts (82 m d'altitude) en font un site stratégique : l'oppidum profitait de la vue dégagée sur les alentours. Le site est à rapprocher des deux oppida mis au jour dans le secteur : celui de La Chaussée-Tirancourt et de Liercourt-Érondelle. L'oppidum de Caubert est appelé camp de César ou camp du Mont Fendu. Depuis les premières fouilles de Traullé, le site archéologique a été dégradé, faisant disparaître des traces essentielles à sa compréhension. La création de carrières sur les Monts de Caubert, du côté nord, ainsi que les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, du côté est, ont endommagé les vestiges archéologiques.
Les notes prises par Traullé lors de ses fouilles au début du XIXe siècle permettent tout de même de mieux comprendre le site. Il évoque entre autres des "arbres couchés longitudinalement dont les branches empêchaient les terres de s’ébouler" (Prarond, 1861). Par rapport à ces notes, l’archéologue Germaine Leman-Delerive soumet l’hypothèse, en 1980, qu’il pourrait s’agir d’un murus gallicus, c’est-à-dire un rempart gaulois qui protège l'oppidum (Leman-Delerive, 1980). Malgré ces analyses, l'archéologue Tahar Ben Redjeb estime que l'oppidum ne peut pas être "daté avec précision par des fouilles ou des découvertes archéologiques incontestables" (Tahar Ben Redjeb, 2012).
La seigneurie des deux villages et leur réunification
Mareuil et Caubert étaient deux seigneuries distinctes. Elles sont unifiées en une seule commune vers 1824 (Société des Antiquaires de Picardie, 1929).
D’après de Belleval : "La seigneurie, pairie et châtellenie de Mareuil, relevant du roi, consistait en un château, une ferme avec 20 journaux, 623 journaux de bois en plusieurs parties, 212 journaux de terre, 30 de prés, un moulin à vent aux Croisettes, un autre près de Villers, 950 livres de censives et le casuel des 57 fiefs et seigneuries qui en relevaient" (de Belleval, 1870). Le premier seigneur mentionné est Jean Boutery, chevalier et seigneur de Mareuil dès le XIIIe siècle. Les terres de Mareuil passent ensuite à la famille Tyrel de Poix en 1314. Leur château est détruit vers 1360, lors de la guerre de Cent Ans, Jean Tyrel de Poix le fait reconstruire aussitôt (IA80011073). Mais l’édifice est de nouveau démoli en 1421 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne. En 1430, c’est la tante de Philippe Tyrel de Poix, mariée à Thibaut de Soissons-Moreuil, qui hérite du château. En 1526, suite au mariage entre Jossine de Soissons-Moreuil et Jean VII de Créquy, la seigneurie passe à la famille de Créquy. En 1564, Antoine de Créquy, cardinal évêque d’Amiens, fait rebâtir en partie le château. En 1574, son neveu Antoine de Blanchefort hérite de la seigneurie. À partir de 1607, les terres sont vendues à plusieurs reprises, jusqu’à être acquises par Henri-Louis, marquis de Lameth en 1760.
La seigneurie de Caubert, plus petite, consistait en 210 journaux de terres labourables, 4 de bois, 60 livres de censives. Le premier seigneur rapporté par de Belleval est Bernard de Caubert en 1274. C’est la famille d’Abbeville dite d’Yvergny qui obtient la seigneurie en 1420. C'est eux qui construisent le manoir actuel (IA80011074). Les terres passent par alliance à Jean de Monchy en 1560, puis à Alexandre de Morogues en 1590. La famille Morogues conserve la seigneurie jusqu'en 1750. À cette date elle est vendue à Pierre Le Febvre de Wadicourt (Seydoux, 2003).
Conflits et destructions
La guerre de Cent Ans
La guerre de Cent Ans a eu d’importantes répercussions sur le château de Mareuil (non étudié). Il est détruit en 1360 par les Abbevillois pour éviter que les Anglais ne l’occupent. Il est très vite reconstruit, mais en 1421, il est pris par Jacques d’Harcourt, gouverneur du Crotoy, fidèle au roi de France. La même année, l’édifice est récupéré par Philippe le Bon, duc de Bourgogne et allié du roi d'Angleterre, qui l’aurait incendié avant d’y installer Jean de Vadricourt comme capitaine. Il est vraisemblable que le reste du village n'ait pas été non plus épargné lors du conflit, notamment l'église qui semble avoir subi des dégâts en 1346.
Les combats de la Seconde Guerre mondiale et la Seconde Reconstruction
Des combats ont lieu à Mareuil-Caubert et sur les Monts de Caubert en mai et juin 1940, lors de la bataille d’Abbeville. Mlle Dejardin, préceptrice pour les enfants de la famille propriétaire du château et de son relais de chasse a écrit sur son quotidien à Mareuil-Caubert entre le 20 mai et le 5 juin 1940 (La Préceptrice, Journal [...], 2015). Elle explique ainsi que quelques habitants restés à Mareuil-Caubert se réfugient dans les souterrains du château en mai pour se protéger des combats, avant de fuir le 1er juin 1940. Ces souterrains servent de nouveau d’abri en octobre 1944. Il est d'ailleurs inscrit au second niveau de ces souterrains : "Ce mur fut ouvert fin octobre 1944 pour [...] une sortie contre les bombardements aériens. Il fut rebouché le 13 décembre 1944 par Mrs Hubert père et fils artisans [...] à Mareuil".
Ces différents combats et le crash d’un avion britannique (de type Avro Lancaster) à 80 m de l’église engendrent de nombreux dégâts. D’après les statistiques des destructions par commune, sur les 241 maisons que comptabilisait la commune en 1936, 142 sont "partiellement détruites", et 17 totalement. Les bâtiments communaux (les deux églises, la mairie et les trois écoles) subissent également des dégâts (AD Somme ; 26 W 838).
Lieu de mémoire et monuments commémoratifs
À Mareuil, au pied de l’église Saint-Christophe, une plaque commémore les soldats des deux guerres mondiales : LA COMMUNE DE MAREUIL-CAUBERT RECONNAISSANTE / À SES ENFANTS MORTS POUR LA FRANCE.
Également, un obélisque en pierre calcaire à bossage est érigé à proximité de l’église de Caubert et rend hommage au résistant Jacques Moignet : EN MÉMOIRE DE / JACQUES MOIGNET / SOUS-LIEUTENANT / DES / FORCES FRANÇAISES COMBATTANTES / DÉPORTÉ À BUCHENWALD / ABATTU PAR LES ALLEMANDS / LE 17 AVRIL 1945 / À L’ÂGE DE 24 ANS.
Deux monuments commémoratifs ont étés érigés sur les Monts de Caubert après la Première Guerre mondiale : la sculpture d’un casque ainsi qu'une croix. Cette dernière a été remplacé par une croix de Lorraine après la Seconde Guerre mondiale. Sur la croix, les armoiries de la France et d’Abbeville sont sculptées. Il est écrit sur la base : À / DIEU / ET / AUX BRAVES / LA / PATRIE, ainsi que l’explication de la présence du calvaire : EN 1914 L’INVASION S’EST ARRÊTÉE / AUX LIMITES DE L’ARRONDISSEMENT / POUR REMERCIER DIEU / DE SA PROTECTION / ET LES SOLDATS DE LEUR VAILLANCE, / L’ABBÉ DOVIN A, EN 1918, ÉLEVÉ UN / CALVAIRE DÉTRUIT PAR LES ALLEMANDS / EN 1944 / ABBEVILLE AYANT ÉCHAPPÉ À UNE / DESTRUCTION TOTALE EN 1944 / CE CALVAIRE A ÉTÉ RECONSTRUIT EN 1959 / PAR L’ABBÉ DOVIN […]. La liste des noms des bienfaiteurs et des soldats martyrs bienfaiteurs est également gravée. Sur le casque, un Sacré-Cœur est sculpté, il est inscrit autour : À DIEU AUX BRAVES LA PATRIE RECONNAISSANTE. Des noms sont inscrits sur sa surface, ainsi que les armoiries d’Abbeville.
Un cimetière militaire a été aménagé dans le cimetière de Mareuil : une centaine de tombes du Commonwealth s’y trouve.
Enfin, un musée installé dans les locaux de l'ancienne école (IA80011072) par l’association "France 40 Mareuil-Caubert" évoque la bataille d’Abbeville et conserve différents objets de cette période.
Activités de la commune
La tourbe
La tourbe a été extraite des marais de Mareuil-Caubert depuis au moins le XVIIIe siècle. En 1793, une dizaine de tourbiers habitent à Mareuil (AD Somme ; L 2928). Certains marais sont privés et d'autres appartiennent au village. Les marais tourbeux de la commune ne produisent pas de tourbages ordinaires, qui sert normalement au chauffage des habitants, mais uniquement des tourbages extraordinaires, ou le droit d'extraire la tourbe est vendu par adjudication pour permettre de financer les projets communaux. Les bénéfices de ces extractions servent par exemple à acheter l’équipement des pompiers, faire des travaux à l’église, au presbytère, aux écoles et à la maison commune (AD Somme ; 99 O 2500). L’exploitation de la tourbe continue tout au long du XIXe siècle : l’augmentation de la population entre 1806 et 1866 (de 446 à 1069 habitants) contribue sûrement à l’essor de cette activité - hypothèse confirmée par les registres de recensement de la population, qui témoignent de la présence de tourbiers à cette époque.
D’après le registre de 1851, l’extraction de la tourbe n'est toutefois pas l’unique activité des tourbiers : la saisonnalité de ce métier ne leur permet pas de travailler toute l'année, c'est pourquoi ils sont également cultivateurs, ménagers ou même cabaretiers. C’est à partir des années 1880 que l’exploitation de la tourbe semble décliner. En 1882, il est indiqué dans un rapport de l’inspection des écoles primaires que "Mareuil n’est point une commune pauvre, mais depuis quelques années, la source principale de ses revenus, le marais tourbeux, a considérablement diminué de rendement et de valeur. Si la commune a pu faire face jusqu’ici sans subvention à toutes ses charges, elle n’en était pas moins gênée pour cela, puisque ses budgets n’accusent aucun excédent de recettes de quelques importances ; on n’y voit point figurer non plus de recettes extraordinaires. L’imposition communale, à la vérité, n’est que de 14 centimes ordinaires" (AD Somme ; 99 O 2501). Cette baisse d’activité se répercute probablement sur le nombre d’habitants à Mareuil-Caubert, passant de 1069 individus en 1866 à 783 en 1901. L’extraction de la tourbe s’arrête petit à petit au début du XXe siècle.
L’agriculture
L’agriculture est la première activité de la commune, avant même l’extraction tourbière. En 1795, une grande partie de la population exerce des métiers agricoles, comme manouvriers, cultivateurs, jardiniers ou ménagers (AD Somme ; L 2928). Ils cultivent la terre et plantent notamment du chanvre. Cette culture est en lien avec l'importante activité textile du territoire, notamment à Abbeville. Ces chènevières sont indiquées sur le plan parcellaire non daté, dit cadastre napoléonien. Sur ce plan, des pièces d’eau semblent aménagées pour irriguer les cultures. L'élevage est aussi courant à Mareuil-Caubert. Au milieu du XIXe siècle, 310 vaches, ânes et chevaux pâturent dans les marais communaux qui s’étendent sur 84 ha. Plusieurs ponts sont construits ou reconstruits au cours du XIXe siècle pour permettre "aux habitants et aux bestiaux d’avoir accès aux pâturages" (AD Somme ; 99 O 2499).
Le moulin
Quelques moulins dans le village, qui appartenaient à la seigneurie de Mareuil, mais ces derniers ne se trouvaient pas sur le territoire de la commune. Un moulin à vent est construit sur les monts de Caubert en 1830 par Jean-Baptiste Vasseur (parcelle 119 section F du plan de cadastre napoléonien). Ce dernier n’existe plus aujourd’hui.
Activités diverses
À Caubert en 1795, une partie importante de la population exerce des métiers du textile, liés à la culture du chanvre dans la commune. Il y a de nombreuses fileuses mais également une tricoteuse, un bouracanier et une couturière. À la même époque, il existe à Mareuil plusieurs cercliers et un tonnelier. Au cours du XIXe siècle, de plus en plus de cabaretiers et d’aubergistes sont mentionnés dans les registres de recensement ; des cafés et des auberges ouvrent probablement grâce à l’augmentation de la population. Enfin, les recensements de la population du début du XXe siècle montrent une diversification des activités dans le village.
-
Période(s)
- Principale : Gallo-romain
- Principale : Moyen Age
- Principale : Temps modernes
- Principale : Epoque contemporaine
Formes du bâti actuel
La plupart du bâti de Mareuil-Caubert est de taille modeste, construit en rez-de-chaussée. Quelques grandes maisons à étages se différencient. C’est le cas de la maison au 41 route de Rouen à Caubert (IA80011084), son architecture de villégiature la démarque du reste des constructions. À Mareuil, plusieurs cafés (dont un encore en activité), s’élèvent également sur un étage. Pour certains, ils sont construits dans l’angle de deux rues ce qui les rend plus visibles. Un autre bâtiment, se démarque par sa taille au 64 Grande rue Guy-Dovergne (IA80011080), qui serait, d'après la tradition locale, une ancienne auberge. Quatre grandes demeures se distinguent particulièrement dans le village : le château de Mareuil et son relais de chasse, mais également le manoir de Caubert. Enfin, une grande demeure isolée sur les monts de Caubert est appelée "château de Caubert" (IA80011077).
Il ne reste que peu de fermes en activité à Mareuil-Caubert. Les anciennes fermes proches du centre du village ont souvent une taille réduite. Au sud du village, il existe plusieurs fermes de taille plus conséquente, trois sont construites autour d’une cour, et la dernière date de la Seconde Reconstruction (IA80011083). Les fermes du château et du manoir, toujours en activité, semblent être les seules grandes exploitations agricoles du village.
Mareuil-Caubert ayant subi d'importantes destructions lors de la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre de maisons présentent ce style.
À plusieurs endroits, le village a été étendu par des maisons construites à partir des années 1960. Elles sont entourées par leur jardin et sont couvertes d’un enduit ocre.
Matériaux de construction
Un grand nombre d’édifices sont bâtis en brique. Ce matériau est utilisé pour les maison édifiées au cours du XIXe siècle, mais également pour les habitations reconstruites après la Seconde Guerre mondiale. On le retrouve sur les édifices qui structurent le village, comme la mairie et l’ancienne école, ou les anciens commerces. La brique est aussi utilisée pour la construction des fermes, que ce soit pour le logement et les bâtiments agricoles. Enfin, elle est reprise pour les murs de clôture, à l’image du mur de soutènement du terrain sur lequel l’église Saint-Christophe est construite par exemple.
Il reste à Mareuil-Caubert quelques constructions en pans de bois et torchis. C’est le cas des deux anciennes fermes qui encadrent la mairie (IA80011079 et IA80011082), et dont le torchis a été restauré par l'association "Maisons paysannes de Somme". Sur deux autres édifices - l'un à Caubert route de Rouen et le second à Mareuil sur la Grande rue Guy-Dovergne -, le torchis a été recouvert d’un bardage de bois horizontal, ce qui confère à ces constructions une apparence particulière. Il ne reste cependant que peu d’autres exemples de ce type de maçonnerie dans la commune.
La pierre calcaire se trouve dans les édifices les plus anciens et/ou les monuments structurants de la commune. Ainsi, l’église Saint-Christophe est en grande partie construite en pierre de taille blanche de moyen appareil. Le château de Mareuil est bâti en calcaire, comme son relais de chasse, ses dépendances et son mur d’enceinte. Enfin, le manoir de Caubert ne déroge pas à la règle : il est construit en calcaire et surélevé en brique. La pierre blanche se retrouve également sur un pignon de la Grande rue Guy-Dovergne, en alternance avec de la brique (maçonnerie dite en "rouge barre"). Ce mélange de matériaux se retrouve d’ailleurs sur l’église Saint-Christophe également.
Les toits des constructions du village sont couverts en tuile, en grande majorité. Quelques maisons se démarquent avec une couverture en ardoise. Les édifices structurants possèdent également un toit en ardoise, comme l’ancienne mairie-école, l’ancien presbytère, les églises Saint-Jean et Saint-Christophe et la chapelle Sainte-Marguerite, déjà cités.
-
Murs
- brique
- torchis pan de bois
- calcaire pierre de taille
-
Toitsardoise, tuile
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Documents d'archives
-
AD SOMME. Série L ; L 2928. Liste nominative des habitants : canton de Moyenneville. 1795-1796.
-
AD SOMME. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 512. Recensement de la population, Mareuil-Caubert. 1836-1936.
-
AD Somme. Série O ; Sous-série 99 o : 99 O 2499. Dossiers d'administration communale, Mareuil-Caubert. avant 1869.
-
AD Somme. Série O ; Sous-série 99 O : 99 O 2500. Dossiers d'administration communale, Mareuil-Caubert, avant 1869.
-
AD Somme
AD Somme. Série O ; Sous-série 99 O : 99 O 2501. Dossiers d'administration communale, Mareuil-Caubert,1870-1939.
-
AD Somme. Série W ; Sous-série 26 : 26 W 838. Statistiques des destructions par communes [1942-1953].
Bibliographie
-
BELLEVAL, René de. Les Fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu : essai sur leur transmission depuis l'an 1000 jusqu'en 1789. Saint-Pierre-de-Salerne (27800 Brionne) : Gérard Monfort, 1975. 352 p.
[Reprod. en fac-sim. de l'éd. originale]. Paris : Dumoulin, 1870.
-
BEN REDJEB, Tahar. Carte archéologique de la Gaule : La Somme, 80-2. Paris : Académie des Inscriptions et Belles-lettres, 2012.
-
BONHOMME, M. J. La formation du département de la Somme en 1790 et l'établissement des subdivisions depuis cette date jusqu'à nos jours. In : SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Bulletin de la Société des antiquaire de Picardie. Amiens : Duval et Herment, 1929.
p. 492 -
DEJARDIN. La préceptrice : journal de Mlle Dejardin, écrit à Mareuil-Caubert dans la Somme en 1940. Amiens : Chloé Bureau et Encrage édition, 2015.
-
PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.
[rééd : Saint-Pierre-de-Salerne : G. Monfort, 1980].
L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.
-
SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières en Picardie. Ponthieu et Vimeu. Paris : Éditions de La Morande, 2003.
Avec [la collaboration de] Alain de BOIVILLE, Jean-Charles CAPRONNIER, Marcel ÉVRARD, Ludovic FROISSART, Christian du PASSAGE, François VASSELLE, Henri de WAILLY.
Périodiques
-
LEMAN-DEMERIVE, Germaine. Oppida ou forteresses gauloises entre la Somme et la frontière belge : propositions de classement et de chronologie. Revue du Nord, 1980, n°247, p. 791-804.
Documents figurés
-
Plan parcellaire de Mareuil, dit cadastre napoléonien, Tableau d'assemblage, s.d. (AD Somme ; 3 P 1416/1).
-
Mareuil, dans les étangs, carte postale, ND. Phot., [s.d.] (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab.M51).
-
Croix élevée sur les Monts de Caubert par M. l'Abbé Dovin, pour remercier Dieu d'avoir préservé Abbeville et le Ponthieu de l'invasion 1914-1919, carte postale, photographie Marc Borel, Abbeville, [s.d.] (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; CP09939).
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
Contient
- Ancien presbytère, actuellement mairie
- Ancien prieuré, puis église paroissiale Saint-Christophe
- Ancienne auberge, actuellement maison
- Ancienne ferme
- Ancienne école et mairie, actuellement bibliothèque de Mareuil-Caubert
- Ancienne école primaire, puis ferme Trupin
- Ancienne église paroissiale Saint-Jean de Caubert et cimetière, actuellement cimetière de Mareuil-Caubert
- Chapelle Sainte-Marguerite
- Cimetière de Mareuil-Caubert
- Ferme Daussy
- Maison
- Maison
- Maison d'agriculteur
- Maison, dite Villa Janusette
- Manoir de Caubert
- Église paroissiale Saint-Samson
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)