Dossier d’œuvre architecture IA80010565 | Réalisé par ;
Noyer-Duplaix Léo (Contributeur)
Noyer-Duplaix Léo

Chercheur associé à l'Inventaire pour l'étude sur Abbeville (2018).

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Grembert Lucie (Contributeur)
Grembert Lucie

Chargée de mission à l'Inventaire général du patrimoine culturel Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • inventaire topographique, Abbeville
  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Ancien hôtel Le Sergeant de Monnecove, puis sous-préfecture, anciennement Chambre de commerce et d'industrie d'Abbeville
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Commune d'Abbeville

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
  • Commune Abbeville
  • Adresse 26-30 rue Lesueur , ancienne rue Notre-Dame-du-Chatel , 1 rue des Grandes-Écoles
  • Cadastre 1822 E 1531,1532  ; 2016 XL 81 à 91, 238, 249 à 253
  • Dénominations
    hôtel
  • Appellations
    hôtel de Monnecôve, hôtel de Nonnecourt, hôtel Godart de Thuison, CCI d'Abbeville, Chambre de commerce et d'industrie du littoral normand-picard
  • Destinations
    chambre de commerce
  • Autres parties constituantes
    cour, portail

D’après Gérard Devismes (2011), l'hôtel de Monnecove est probablement édifié vers 1760 pour Jacques Godart, seigneur d'Argoules. L’hôtel est construit Grande-Rue-Notre-Dame-du-Châtel (actuelle rue Lesueur), rue privilégiée par la noblesse abbevilloise pour y construire ses hôtels particuliers. La taille modérée des parcelles sur lesquelles sont construits les hôtels de la rue est compensée par la présence de la Somme au fond du jardin, contribuant ainsi à rehausser la qualité paysagère de ces parcelles.

L'hôtel sert de sous-préfecture sous la Restauration et sous la Monarchie de Juillet. En 1839, l'administration prend ses quartiers dans l'hôtel Lefebvre du Grosriez (IA80010583). En 1881, il devient la propriété du baron et conseiller général Alfred Le Sergeant de Monnecove (1822-1905) et de son épouse née Mathilde Wignier de Beaupré (1837-1911), également propriétaires du château d'Épagne (IA80011003). À sa mort, le château et l'hôtel passent à son gendre, Gaston Jourdain de l'Étoille, puis à sa petite-fille Suzanne Jourdain de l'Étoille. Cette dernière est également propriétaire de l'hôtel de Gaillon (IA80010564) situé rue Saint-Gilles. Suzanne de l'Étoille s'oppose au classement de la porte de l'hôtel de Monnecove réalisée certainement par Pfaff de Pfaffenhoffen, car elle souhaite le faire démonter et remonter à son château d'Épagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel particulier sert de refuge à l'hôtel de France.

L’insertion de l’hôtel dans le tissu urbain est profondément bouleversée par les aménagements urbains successifs. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le bras de la Somme dit Canal marchand qui bordait la parcelle au Nord est comblé. Lors de la Seconde Reconstruction, la rue du Chevalier-de-la-Barre perce la rue Lesueur : l’hôtel de Monnecove forme alors l’angle des deux rues.

L’hôtel est acheté en 1946 par la Chambre de commerce et d'industrie qui le transforme fortement pour y installer ses services en 1960. La façade sur jardin est vraisemblablement modifiée sur sa partie gauche comme l'attestent les briques de différentes teintes. Il est probable que cette modification a eu lieu en même temps que celle de l'aile latérale droite de l'hôtel. En effet, sur le cadastre de 1822, le pavillon en saillie était rattaché à l'aile et au portail par une construction très étroite. Or, aujourd'hui, cette aile est symétrique à l'aile opposée.

La Chambre de commerce et d’industrie, édifiée au début des années 1970, est un vaste édifice de trois niveaux de superstructure qui est situé à l'arrière de l'hôtel à l’emplacement de son jardin (permis de construire 14 et 98, année 1971). La Chambre de commerce fait enfin construire, dans le dernier quart du XXe siècle, un bâtiment rectangulaire qui jouxte à l'ouest l'hôtel de Monnecove.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 18e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
  • Auteur(s)

L´édifice, qui occupe une parcelle desservie par la rue Lesueur, est formé d´un logis implanté entre cour et jardin, flanqué de deux pavillons en retour d’équerre, prolongés par deux ailes basses encadrant un portail monumental.

Construit en pierre de taille (façade sur cour) et en briques (façade sur jardin et ailes), le logis comprend un étage carré et un étage de comble. Les toitures à croupe sont couvertes d´ardoises. Les pavillons et ailes en retour sont construits en brique et la pierre est utilisée pour l’encadrement des baies et chainage. Les pavillons, ailes en retour et le portail sont en rez-de-chaussée et comportent un étage de comble.

Le logis présente une élévation sur jardin à neuf travées. A l’ouest, une extension en brique du corps de logis modifie la structure d’origine. Une entrée a été ajoutée sur le mur pignon offrant un accès sur la rue du Chevalier-de-la-Barre.

L’aile est en brique comporte quatre baies également encadrées d’arcades en pierre, tandis qu’un bâtiment moderne en brique masque l’aile ouest. Deux baies encadrent le portail, elles sont encadrées par des arcades en pierre et surmontées de mascarons en pierre. Le portail monumental se compose d’un encadrement en pierre, surmonté de cartouches jumeaux avec palmes et guirlandes de roses portant entrelacées les initiales des Le Sergeant de Monnecove et des Tillette de Buigny. La porte à arc en anse de panier placée dans l'embrasure du portail est en bois avec deux vantaux. Ses moulures contournées sont ornées de guirlandes, de roses et d'un dragon en haut relief. Sur l'imposte, sont représentés une barque et deux Amours dont l'un tient une torche enflammée.

Un vaste édifice de trois niveaux de superstructure est construit au nord de la parcelle à l’emplacement de l’ancien jardin de l’hôtel.

  • Murs
    • brique
    • pierre
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Typologies
    hôtel entre cour et jardin
  • Techniques
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public, L'hôtel abrite depuis 1946 la Chambre de commerce et d'industrie d'Abbeville, devenue lors de sa fusion avec la Chambre de commerce et d'industrie du Tréport en 2007, la Chambre de commerce et d'industrie du littoral normand-picard.
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    porte
  • Protections
    classé MH partiellement, 1928/09/16
  • Précisions sur la protection

    Porte : classement par décret du 16 septembre 1928.

  • Référence MH

hôtel construit rue Lesueur, ancienne Grande-rue-Notre-Dame-du-Châtel, très remanié par les travaux d'aménagement de la Chambre de commerce et d'industrie et les aménagements urbains du 19e et 20e ont modifié son environnement d'origine.

Documents d'archives

  • Bibliothèque municipale d’Abbeville. Fonds Crusel ; Ms 835. Grande-Rue-Notre-Dame.

  • AC Abbeville. Fonds du service urbanisme ; [non coté]. Demandes de permis de construire n° 14 et 98, 1971.

Bibliographie

  • DEVISMES, Gérard. Les hôtels particuliers d'Abbeville et autres bâtisses remarquables. Inval-Boiron : Éd. la Vague verte, 2011.

    pp. 56-57.
  • FOUCART-BORVILLE, Jacques. La vie et l'œuvre du sculpteur Simon Pfaff de Pfaffenhoffen (1715-1784). Essai de catalogue. Abbeville : F. Paillart éditeur, 1996.

    p. 56.
  • PASCAL, Henriette. Abbeville et ses environs : étude historique et artistique. Abbeville : F. Paillart, 1934.

    p. 86.
  • TROUVÉ, Margaux. Les hôtels particuliers du XVIIe et XVIIIe siècles à Abbeville. Paris : Université de la Sorbonne, 2012. 2 vol.

    Mémoire de Master : Histoire de l'art, sous la direction de M. Claude Mignot : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 4 : 2012.

    pp. 35-39 (vol. 2).
  • SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières en Picardie. Amiénois et Santerre. Editions de la Morande, 2003.

    pp. 77-78, 236.

Périodiques

  • DELIGNIÈRES, Emile. L’hôtel de la Gruthuse à Abbeville et sa vente par le Roi en 1793 aux officiers du Présidial. Bulletin de la Société d’Émulation d’Abbeville, 1906, Tome 7.

Documents figurés

  • Abbeville. Plan cadastral. Sections A1, E1, D1, 1822 (AD Somme ; 3P 1250/3).

    AD Somme
  • [Façade de l'hôtel de Monnecove bordant la Grande-Rue-Notre-Dame-du-Châtel – aujourd'hui rue Lesueur –], photographie, [s. d.] (BM Abbeville ; fonds Macqueron Ab.U169).

  • [Porte de l'hôtel de Monnecove], héliogravure, par Dujardin, [s. d.], extrait de la "Picardie historique et monumentale" (BM Abbeville ; fonds Macqueron Ab.U166).

  • [Mascarons en pierre surmontant les deux baies placées de chaque côté de la porte de l'hôtel de Monnecove], photographies, [s. d.] (BM Abbeville ; fonds Macqueron Ab.U170).

  • Abbeville, l'hôtel Louis XVI, la Porte, Grande-Rue-Notre-Dame, carte postale, LL éditions, [s.d.] (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 2-164).

Date(s) d'enquête : 2016; Date(s) de rédaction : 2018, 2020, 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Commune d'Abbeville
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Noyer-Duplaix Léo
Noyer-Duplaix Léo

Chercheur associé à l'Inventaire pour l'étude sur Abbeville (2018).

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Grembert Lucie
Grembert Lucie

Chargée de mission à l'Inventaire général du patrimoine culturel Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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