Dossier d’œuvre architecture IA80010564 | Réalisé par
Dufossé Maël (Contributeur)
Dufossé Maël

Agent du patrimoine, ville d'Abbeville, depuis octobre 2025. Stagiaire du PAH Ponthieu Baie-de-somme d'avril à septembre 2025.

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  • inventaire topographique, Abbeville
  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Hôtel de Gaillon, puis hôtel de l'Étoille
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Commune d'Abbeville

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
  • Commune Abbeville
  • Adresse 21 rue Saint-Gilles
  • Cadastre 1822 B 331-332  ; 2016 XE 142  ; 2024 XE 142
  • Précisions
  • Dénominations
    hôtel
  • Appellations
    hôtel de Gaillon, hôtel de l'Étoille
  • Destinations
    demeure
  • Autres parties constituantes
    jardin

En l'absence de sources précises, le commanditaire et la date de construction de cet hôtel, connu sous le nom d'hôtel de Gaillon, restent incertaines. Son style architectural autorise toutefois une datation au XVIIIe siècle.

Les sources bibliographiques permettent d’en établir les propriétaires successifs à partir de 1770. À cette date, il appartient en effet à Louis-Pierre de Broutelles, qui le vend à Me André Delignières, notaire royal. L'acte précise que l'édifice est vendu "pour une somme de 1000 livres avec les glaces, trumeaux, consoles, tables de marbre à pied d’or, bras de cheminée doré, montures en émail, tapisseries sur toile encadrées à vis, buffets scellés ou non [...]" (BM Abbeville ; Ms 835). Le 14 juin 1779, l'hôtel est cédé par Geneviève Hurard, veuve de Me Delignières, au "religieux Seigneur Charles de Vion de Gaillon, commandeur de Loison". Ce dernier y effectue de nombreux travaux et aménagements, parmi lesquels la porte cochère, attribuée au sculpteur Simon Pfaff de Pfaffenhoffen, pour laquelle ce dernier aurait perçu la somme de mille écus.

Amateur de jardins mais ne possédant qu'une petite parcelle à l’arrière de son hôtel, il fait aménager une porte de communication prolongeant les parterres de sa maison à ceux du Champ-l'Abbé qu’il louait. L'historien Ernest Prarond note en 1871 que cette "maison était décorée avec un très haut goût ; il y avait fait peindre par le peintre Choquet, notre compatriote, des dessus-de-porte qui existent encore, nous le croyons, chez M. Caron, à Miannay". François-Joseph Ruggiu signale en outre que l'hôtel de Gaillon possédait notamment deux trumeaux peints par Pierre-Adrien Choquet, représentant les muses Calliope et Uranie, trumeaux aujourd'hui disparus.

Au début du XXe siècle, l'hôtel devient la propriété de la comtesse de l'Étoille, qui possède également l'hôtel de Monnecôve (IA80010565), situé rue Lesueur à Abbeville.

L’hôtel connaît de nombreuses modifications à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. D’après le cadastre de 1822, l’hôtel comprend une élévation sur rue, une aile en retour d’équerre au sud et un corps de bâtiment en fond de cour. Seule l’élévation sur rue est conservée et une aile en retour d’équerre au nord est ajoutée.

L’édifice est composé d'un bâtiment de plan en L, aligné sur rue, et d’un jardin en fond de parcelle. il présente une élévation en rez-de-chaussée surélevé sur cave avec un étage carré et un étage d’attique. La façade sur rue est construite en brique avec un parement en pierre de taille calcaire. L’élévation sur jardin et l’aile en retour sont en brique. L'ensemble est couvert d'un toit en ardoise à longs pans et pignons couverts et croupe pour la partie en retour.

La façade sur rue présente quatre travées, et dispose d’une porte cochère latérale. Encadrée par deux pilastres doriques de la même manière que la baie située à l'autre extrémité, la porte cochère côté rue est constituée de deux vantaux en bois sculptés. Ceux-ci portent le chiffre du propriétaire placé dans un médaillon, ainsi que des panoplies, des casques et des mufles de lions en peaux. Les ornements de cette porte sont en plomb, montés et fixés sur de petites tiges de fer. Le passage cocher menant dans la cour abrite encore deux pilastres cannelés couronnés de chapiteaux ioniques.

L'hôtel possède encore quelques éléments intérieurs tels que des portes d’origines au premier étage, de même que des trumeaux de style néo-classique en stuc blanc, dans les deux salons du rez-de-chaussée.

  • Murs
    • brique
    • pierre de taille parement
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Typologies
    hôtel sur rue
  • Techniques
    • menuiserie
  • Représentations
    • trophée, arme, casque, trompette, drapeau
    • monogramme
    • couronne végétale, couronne de laurier, olivier, chêne
    • tournesol
  • Précision représentations

    Les deux vantaux de la porte cochère sont en bois sculpté. Ils présentent le même décor. Les panneaux supérieurs sont garnis de panoplies encadrées de frises fleuries dont les coins sont couverts de feuilles d’acanthe. Chaque panoplie est composée d’un canon, d’un casque antique et de lances. Le panneau droit se distingue par la présence d’une trompette et d’un élément de cuirasse, alors que celui de gauche montre un drapeau décoré d’un soleil. Les deux ensembles sont couronnés de laurier.

    Les panneaux centraux reprennent des cadres similaires à ceux des panoplies. Sur la partie haute, suspendus par un ruban noué, deux médaillons, soulignés par des couronnes d’olivier, portent le chiffre du propriétaire. On y distingue un V, un G et un L, initiales qui correspondraient à celles de Charles de Vion de Gaillon, commandeur de Loison.

    Sous cette composition, deux musequins servent de heurtoirs. Ces mufles de lion sont entourés de couronnes de chêne.

    Une reprise de la panoplie vient compléter ce panneau, avec un décor en draperie noué aux extrémités, précédé de deux lances croisées.

    Enfin, le bas de chaque porte est orné d’un tournesol dans un médaillon.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    porte cochère
  • Protections
    classé MH partiellement, 1924
  • Précisions sur la protection

    Porte cochère avec ses vantaux : classé au titre des Monuments historiques par décret du 13 août 1924.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Bibliothèque municipale d’Abbeville. Fonds Crusel ; Ms 835. Rue Saint-Gilles.

Bibliographie

  • DEVISMES, Gérard. Les hôtels particuliers d'Abbeville et autres bâtisses remarquables. Inval-Boiron : Éd. la Vague verte, 2011.

    p. 68-69
  • LA FORTELLE (de). Fastes militaires, ou Annales des chevaliers des ordres royaux et militaires de France, au service ou retirés, et des gouverneurs, lieutenans de roi et majors des provinces et des places du royaume... présentés au Roi et à la famille royale, par M. de La Fortelle. Paris : Lambert, 1779. 2 vol.

    Tome 2
  • FOUCART-BORVILLE, Jacques. La vie et l'œuvre du sculpteur Simon Pfaff de Pfaffenhoffen (1715-1784). Essai de catalogue. Abbeville : F. Paillart éditeur, 1996.

    p. 60
  • PASCAL, Henriette. Abbeville et ses environs : étude historique et artistique. Abbeville : F. Paillart, 1934.

    p. 86
  • PRAROND, Ernest. La topographie historique et archéologique d'Abbeville. Paris-Abbeville : Dumoulin, 1871-1884.

    tome 1, p. 426-427
  • RUGGIU, François-Joseph. Les élites et les villes moyennes en France et en Angleterre : XVIIe-XVIIIe siècles. Paris : Éditions de L’Harmattan, 1997.

    p. 209
  • TROUVÉ, Margaux. Les hôtels particuliers du XVIIe et XVIIIe siècles à Abbeville. Paris : Université de la Sorbonne, 2012. 2 vol.

    Mémoire de Master : Histoire de l'art, sous la direction de M. Claude Mignot : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 4 : 2012.

    p.89 (vol. 2)
  • WIGNIER DE WARRE, Charles. Généalogie du sculpteur Pfaff. Sa vie, ses œuvres. Abbeville : Imprimerie Fourdrinier et Cie, 1897.

Périodiques

  • DELIGNIÈRES, Emile. L’hôtel de la Gruthuse à Abbeville et sa vente par le Roi en 1793 aux officiers du Présidial. Bulletin de la Société d’Émulation d’Abbeville, 1906, Tome 7.

    p. 116-149

Documents figurés

  • Commune d'Abbeville, cadastre, encre et lavis sur papier, par Chamont directeur des contributions, Beaupré géomètre en chef, Carpentier géomètre du cadastre, terminé sur le terrain le 3 août 1822 (AC Abbeville ; [non coté]).

Date(s) d'enquête : 2016; Date(s) de rédaction : 2018, 2020, 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Commune d'Abbeville
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Dufossé Maël
Dufossé Maël

Agent du patrimoine, ville d'Abbeville, depuis octobre 2025. Stagiaire du PAH Ponthieu Baie-de-somme d'avril à septembre 2025.

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