Dossier d’œuvre architecture IA59002793 | Réalisé par
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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  • inventaire topographique, Condé-sur-l'Escaut
Ancienne auberge du Cerf, actuellement pharmacie
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Valenciennes Métropole
  • Commune Condé-sur-l'Escaut
  • Lieu-dit Condé-sur-l'Escaut centre
  • Adresse 33-35 place Pierre-Delcourt
  • Cadastre 1826 D1 146  ; 1875 D2 863  ; 2010 AR 458
  • Dénominations
    auberge, maison
  • Appellations
    auberge du Cerf
  • Destinations
    pharmacie
  • Autres parties constituantes
    pharmacie

Sur le Plan des rues qui composent la ville de Condé dressé en 1754 (AC Condé-sur-l'Escaut), l'édifice, localisé au n°12 de la Place, est désigné comme la "Maison dit le cherf" (= cerf) appartenant à Vasseau (ou Jasseau ?). L'appellation, encore usitée dans un document de 1822 avec la précision "auberge du Cerf", fait référence à une fonction remontant au Moyen Âge, ce que pourrait corroborer la présence de caves de stockage datées de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle par Jean-Denis Clabaut, archéologue du bâti.

En 1840, le propriétaire, M. Melot, soumet à la préfecture le projet de modification du 1er étage et de rehaussement de sa maison, illustré d'élévations de l'état avant travaux et de l'état projeté (AD Nord, O 151, 193) ; l'arrêté préfectoral d'autorisation en date du 6 juin 1840 est cependant rapporté, en réponse au souhait du maire et au motif qu'il est interdit de conforter une maison ne se conformant pas à l'alignement prescrit par le règlement de 1823.

Un nouvel arrêté préfectoral pris le 18 septembre 1841 autorise finalement l'exhaussement, puisque celui-ci, loin de conforter la maison, l'affaiblira plutôt et ne manquera pas de hâter sa ruine ! L'élévation de l'état existant en 1841, dessinée par l'architecte valenciennois Henri Vallez, montre une façade à deux niveaux (les travées ne sont pas affirmées) et étage de comble, percée d'une porte cochère.

Un ultime arrêté préfectoral, le 8 août 1842, autorise la reconstruction totale de la façade dans la mesure où Melot se résout à suivre l'alignement, donc à reculer la façade, moyennant une indemnité de 1200 francs accordée par la ville et à "la condition expresse de conserver les plafonds de [sa] maison [...] et de ne pas [se] conformer enfin au type des maisons de MM. Miroir et Delcourt", ses voisins de gauche et de droite (AC Condé-sur-l'Escaut, P 11).

Il est donc possible, qu'en plus des sous-sols, l'édifice conserve des murs plus anciens que ceux de la reconstruction du XIXe siècle. Cependant l'analyse de la cave indique que la façade actuelle, malgré son reculement en 1842, est située plus avant que l'implantation du sous-sol : la maison médiévale se trouvait donc sans doute encore en retrait par rapport à l'alignement actuel.

Au XXe siècle, vers 1930, une devanture de style Art déco est percée dans la façade. Une pharmacie occupe l'espace commercial du rez-de-chaussée.

Le gros-oeuvre de l'édifice actuel est très probablement en brique (ce qui est bien visible pour l'aile en retour) mais la façade, au-dessus du solin de pierre calcaire marbrière ("pierre bleue"), est totalement revêtue d'un enduit, traité à faux refends au rez-de-chaussée.

Les caves voûtées ont fait l'objet d'une analyse par Jean-Denis Clabaut, archéologue du bâti (en annexe). Au-dessus de celles-ci s'élèvent le rez-de-chaussée, deux étages carrés, le second moins développé que le premier, et un étage de comble éclairé par deux lucarnes en menuiserie couvertes en arc segmentaire. Les cinq travées de façade, dont les baies rectangulaires barlongues sont soulignées d'un chambranle mouluré, donnent le rythme vertical, l'articulation horizontale étant assurée par la présence des corniches et cordons et la répétition des balconnets. Une porte cochère correspond à l'emprise des troisième et quatrième travées, liées au premier étage par la présence d'un balcon commun.

La devanture arts-déco, recoupée par des huisseries métalliques formant quadrillage, est encadrée par un large bandeau en ciment moulé orné de motifs décoratifs. Le toit à longs pans porte des tuiles flamandes mécaniques.

  • Murs
    • brique
    • calcaire marbrier
    • enduit
  • Toits
    tuile flamande mécanique
  • Plans
    plan régulier en L
  • Étages
    sous-sol, 2 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
    • voûte en berceau
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Techniques
    • maçonnerie
    • fonderie
    • ferronnerie
  • Représentations
    • ornement architectural
    • ornement géométrique
    • ornement végétal
  • Précision représentations

    Maçonnerie : modénature ; devanture à bandeau orné de cannelures convexes, de motifs en écailles, en perles (patenôtres), le tout traité dans un esprit géométrisé. Ferronnerie : garde-corps (moderne) du balcon ; frises végétales de la devanture. Fonderie : garde-corps des balconnets en fonte de fer.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    sous-sol, devanture

Documents d'archives

  • AC Condé-sur-l'Escaut. Série P 11 (Voirie, alignements, 1840 - 1849) ; Nouvelle cote : 1O 6. Travaux publics et voirie, travaux publics et voirie en général, alignements (1796-1879).

    Archives communales
  • AD Nord. Série O ; O 151 (Condé-sur-l'Escaut) : 193. Voirie municipale. Police. Place d'armes. Autorisation Melot. Avec plans (1840-1842).

    AD Nord

Documents figurés

  • Plan des rues qui composent la ville de Condé, avec un détail des largeurs des façades qu'aucupe chaque maison, dressé pour l'inteligence du redressement des rues, par le soussigné, arpenteur, achevé le 16 de mars 1754, [signé] Blasseau (AC Condé-sur-l'Escaut).

    Archives communales

Annexes

  • CLABAUT, Jean-Denis. Analyse des caves de la maison située 33, 35 place Pierre-Delcourt
Date(s) d'enquête : 2007; Date(s) de rédaction : 2007
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

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