Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- inventaire topographique, Condé-sur-l'Escaut
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération Valenciennes Métropole - Marly
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Commune
Condé-sur-l'Escaut
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Lieu-dit
Condé-sur-l'Escaut centre
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Adresse
1 place Pierre-Delcourt
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Emplacement dans l'édifice
Premier étage ;
salle des mariages (anciennement salle de justice).
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Dénominationsclôture, lambris de hauteur, lambris d'appui, banc
La salle de justice, désignée sous l'appellation de "salle d'audience" dans les textes contemporains de la construction de l'édifice, conserve la disposition spatiale et la majeure partie de l'aménagement mobilier et décoratif de la fin du XVIIIe siècle. En l'état actuel de nos connaissances, il est difficile de qualifier la compétence judiciaire qui était ici exercée : était-ce la justice royale, ou, relevant des justices d'exception de l'Ancien Régime, la justice municipale ou la justice seigneuriale ? La salle était-elle utilisée alternativement dans l'exercice de ces différents registres ? Le décor de la pièce (dessus-de-porte, décor de plafond et corniche, manteau et trumeau de cheminée - voir notices correspondantes) fait en tout cas de déférentes allusions au duc de Croÿ. Rendre la justice n'était pas étranger aux préoccupations de la famille seigneuriale puisque l'inventaire des archives du duc de Croÿ dressé par Gabriel Wymans relève, sous la qualification Exercice et perception des droits seigneuriaux, près de 500 dossiers relevant du droit civil ou du droit pénal pour la période 1550-1790, dont 130 pour la période 1782-1790 pendant laquelle la salle d'audience était en usage.
Après avoir abrité la justice de paix (le tribunal de première instance) tout au long du XIXe siècle, la salle d'audience est actuellement dévolue à la célébration des mariages. Il est tentant d'attribuer au sculpteur valenciennois Richard Fernet (1735 - 1810) l'exécution de cet aménagement dont la qualité des formes et l'élégance du décor porté font honneur à son créateur. En effet, dans le Neuvième compte en double des recettes et dépenses de la reconstruction de l'hôtel de ville de Condé pour les années 1782 et 1783, sont mis en compte "Au sr. Richard Fernet, sculpteur à Valenciennes (...) pour les différents ouvrages qu'il a fait pour l'embellissement et l'ornement nécessaire de la chambre d'audience, par quittance, 153 Florins 12 patars."
Le Onzième compte de la reconstruction de l'hôtel de ville de Condé, année 1785, mentionne aussi les "paiements à François Caudron, menuisier pour ouvrage [...] pour la chambre d'audience : 19 Livres 17 sous 10 deniers ; quittance 48 Livres 10 sous 6 deniers ; au nommé Richard, sculpteur, pour ouvrage de son style pour l'hôtel de ville : 19 Livres 4 sous." Pour ce dernier nom, qui revient plusieurs fois sous cette forme dans les comptes, il s'agit sans doute de Richard Fernet ; mais cette dernière mention n'indique pas là une intervention spécifique sur la salle d'audience. Par contre, Caudron a peut-être pris part à la menuiserie proprement dite.
On notera la simultanéité d'emploi d'un vocabulaire décoratif propre au style néo-classique et l'usage de courbes chantournées (lambris de hauteur, dessin des jouées et parcloses des bancs) rappelant le goût du milieu du XVIIIe siècle. La petite table d'applique sur l'arrière du panneau semble contemporaine de la clôture, mais la tablette supérieure correspond à un aménagement plus récent (XXe siècle). Les armes de France peintes sur le lambris de hauteur sont une restitution moderne, peut-être sur la trace d'un dessin de l'époque de la Restauration.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 18e siècle
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Dates
- 1782
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Auteur(s)
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Auteur :
Fernet Richardsculpteur (incertitude)Fernet RichardCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Sculpteur valenciennois.
FERNET Richard, peintre et sculpteur. Valenciennes, 1735 - Valenciennes, 1810
" (...) Apprenti peintre sous Guillaume Lefebvre en 1748-1749 puis apprenti sculpteur sous Antoine Gilis en 1749-1750. Le 23 novembre 1757, il acheta pour 300 livres la charge d'inspecteur de la branche des peintres et sculpteurs de Valenciennes, devenant ainsi maître peintre et sculpteur. En 1772-1773, il paya également les droits pour devenir miroitier. Il avait épousé Marie Marlier [en] (...) 1760, ses témoins étant Louis Watteau et Antoine Hécart.
Il est mentionné annuellement jusqu'en 1790 dans les registres de la confrérie Saint-Luc, parfois sous son seul prénom de Richard, payant la taille des peintres et celle des sculpteurs. Son atelier fut très fréquenté : 24 apprentis (...) et 22 ouvriers.
R. Fernet travailla pour les maisons religieuses et pour des particuliers parfois en collaboration avec Pierre Gillet. En 1795, il fut nommé commissaire "pour la conservation des tableaux, sculptures, estampes et généralement tout ce qui concerne les sciences et les arts" jetant ainsi les bases du futur musée de Valenciennes" (Machelart, Peintres et sculpteurs...). En 1797, il reçut un avis favorable à sa demande "d'obtenir un traitement en qualité de gardien du musée ou de conservateur des tableaux et autres objets y contenus" ; "dès son entrée en fonction, il fut envoyé avec Momal à Condé (devenu Nord Libre) pour y dresser l'inventaire et veiller au transport à Valenciennes des objets d'art du château de l'Ermitage appartenant au duc de Croÿ, et de ceux que l'on avait trouvé chez les émigrés de cette commune" (Hénault, Richard Fernet...). En 1801, il rédigea avec Momal ce que l'on peut appeler le premier catalogue du musée de Valenciennes.
Œuvres signalées :
- Valenciennes : église Saint-Géry, confrérie du Très-Saint-Sacrement, divers travaux dont la sculpture d'un buffet d'orgue (1763 à 1789) ; église Notre-Dame-de-la-Chaussée, confrérie de Notre-Dame du Puy, sculpture d'une table d'autel avec gradins, et une croix avec glaces et dorures (1777) ; salle de spectacle, participation à la sculpture du bas des loges, avec Gillet (1785) ; Mont-de-piété, livraison de trumeaux ornés de glaces (1786) ; église Saint-Nicolas, maître-autel et deux consoles (1788).
- Beuvrages : maison de campagne d'Antoine de Fontrouge, trésorier général des vivres du Hainaut, fourniture de l'ameublement et sculpture des tous les panneaux, lambris et trumeaux (1785).
- Marquette-en-Ostrevent : église, fourniture d'un tabernacle (1793).
- Condé-sur-l'Escaut : hôtel de ville, travaux de sculpture pour la façade (1777) et la salle de justice (1782-83-85).
Bibliographie :
- HENAULT, Maurice. La bibliothèque de Valenciennes, le sculpteur Gillet et sa famille. Paris : Nourrit et Plon, 1902.
- HENAULT, Maurice. Richard Fernet, sculpteur, et les origines du musée de Valenciennes. Paris : Nourrit et Plon, 1903. (Communiqué par M. Jean-Claude Poinsignon).
- MACHELART, Félicien. Peintres et sculpteurs de la confrérie Saint-Luc de Valenciennes aux 17e et 18e siècles. Valenciennes : Presses Universitaires de Valenciennes, 1987.
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Auteur :
Caudron Françoismenuisier (incertitude)Caudron FrançoisCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
L'espace du tribunal (qui correspond environ au quart de la pièce) a fait l'objet d'un aménagement spécifique au sein même de la salle d'audience, consistant en clôture, estrade, lambris et bancs.
Au-delà de la clôture basse délimitant l'espace réservé, le rehaussement du plancher de la valeur d'une marche avait pour but de marquer symboliquement la position prééminente des officiers de justice. La marche est redoublée devant les bancs et le siège de présidence.
La clôture, développée sur un plan chantourné, se compose d'une plinthe moulurée, d'une succession de balustres en ronde-bosse rythmée par des montants traités comme des pilastres cannelés, et d'un appui mouluré et sculpté. Deux battants, aux extrémités, permettent l'accès à l'espace réservé. Au centre, un panneau plein dont l'arrière sert de fond à une petite table d'applique reposant sur deux pieds balustres. L'ensemble est construit en chêne, actuellement peint de façon à simuler un marbre veiné et un bronze à patine verte pour ce qui concerne les balustres. Cette polychromie est d'une qualité remarquable. La plinthe porte des traces de peinture noire sous-jacente. Le panneau central sculpté comporte un médaillon à fond rapporté. Le décor, dans la masse, est traité en bas-relief.
Le pourtour de l'enclos est habillé d'un lambris d'appui, simplement mouluré, sur lequel sont greffés des bancs fixes qui font retour sur les trois pans de mur. Les jouées et parcloses de ces bancs, chantournées en élévation, portent un décor sculpté en bas-relief. Les bancs s'interrompent pour permettre l'insertion du fauteuil de présidence (récent, non étudié) dont l'emplacement, situé dans l'axe de la pièce, est magnifié par un lambris de hauteur mouluré et sculpté. Le décor comporte motifs en bas-relief, en demi-relief (guirlande haute et clef centrale) ou en réserve (montants latéraux). L'ensemble des lambris et des bancs est en chêne verni.
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Catégoriesmenuiserie, sculpture
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Structures
- plan, chantourné
- battant, 2
- élévation, chantourné
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Matériaux
- chêne, peint, polychrome, faux marbre, cannelé, décor en ronde bosse, décor en bas relief, décor dans la masse
- chêne, vernis, décor dans la masse, décor en demi relief, décor en bas relief, décor à relief en réserve
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Iconographies
- ornementation: feuille d'acanthe, cannelure, entrelacs, médaillon, noeud, ruban, guirlande, laurier, fleur, rinceau, vase, volute
- armoiries: France, royaume
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Précision représentations
Clôture : l'appui est orné d'entrelacs ; les montants sont cannelés, ainsi que la partie supérieure des balustres. Ceux-ci portent aussi des feuilles d'acanthe sur le renflement. Le panneau central, plein, présente un médaillon sommé d'un ruban noué, d'une guirlande de fleurs, et souligné à sa base de branches de laurier croisées. Bancs : jouées et parcloses soulignées de volutes, ornées de guirlandes de laurier et de rinceaux. Lambris de hauteur : guirlandes, vases fleuris sur les montants, chutes de fleurs, armes du royaume de France.
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Inscriptions & marques
- armoiries, peint
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Précision inscriptions
Armoiries : armes de France couronnées, peintes sur le lambris de hauteur.
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
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Protectionsinscrit au titre objet, 1981/05/21
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Référence MH
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Monuments historiques
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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- (c) Monuments historiques
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Documents d'archives
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AD Nord
AD Nord. Série C ; 5991 et supplément 1275. Condé-sur-l'Escaut : construction de l'hôtel de ville (1773-1789) .
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AD Nord
AD Nord. Série C ; 6054. Condé-sur-l'Escaut : construction de l'hôtel de ville (1780-1783).
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Archives communales
AC Condé-sur-l'Escaut. Série DD 19. Comptes de la démolition et de la reconstruction de l'hôtel de ville (1774-1789).
Bibliographie
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WYMANS, Gabriel. Inventaire des archives des ducs de Croÿ. Bruxelles : Archives générales du Royaume, 1977.
p. 212-245 -
REUNION DES SOCIETES DES BEAUX-ARTS DES DEPARTEMENTS (27e session ; 1903 ; Paris). Richard Fernet, sculpteur, et les origines du musée des Beaux-Arts de Valenciennes. Réd. Maurice Hénault.
p. 573-583
Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.
Ensemble d'édifices derrière façade (hôtel de ville, maisons), actuellement hôtel de ville de Condé-sur-l'Escaut
Lieu-dit : Condé-sur-l'Escaut centre
Adresse : 1 place Pierre-Delcourt
Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.