Dossier d’œuvre architecture IA59005739 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Beffroi et hôtel de ville
Œuvre repérée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 33 rue du Maréchal-Joffre
  • Cadastre 2024 OE 02 575

L'hôtel de ville

D'abord simple maison modifiée pour ce nouvel usage, la maison de ville est destinée à accueillir les activités d'administration que les chartes communales ont confiées aux échevins (commerce, basse et moyenne justice, conservation des documents officiels et des sceaux...). Concomitamment au développement de l'autonomie communale, la maison de ville - puis hôtel de ville, devient un bâtiment spécifiquement construit, et s’impose comme le symbole de la liberté municipale.

Le premier hôtel de ville quercitain est édifié en 1583 à la demande de l'échevinage et "par grâce et libéral octroi de Monseigneur le prince et roi" (Genevoise, 1932).

En 1700, Jacques Nicolas, entrepreneur (CAUE, 1999), édifie, au même emplacement, un hôtel de ville entièrement neuf, agrandi pour occuper tout le terrain voisin. Il y associe une halle (lieu du commerce où se construit la richesse de la ville) et un greffe (lieu où les actes judiciaires sont authentifiés et conservés) au rez-de-chaussée, et dix pièces au premier étage - sans doute des espaces dédiés à l'administration de la cité. L'ensemble est éclairé de 43 fenêtres (Genevoise, 1932). C'est la matrice de l'hôtel de ville actuel.

La partie arrière, qui forme un avant-corps, date de la seconde moitié du XIXe siècle : elle vient remplacer la façade d'origine qui, en mauvais état, a disparu en 1857 (CAUE, 1999). La différence d'emprise au sol est particulièrement visible sur les cadastres de 1817 et de 1897.

Après la Première Guerre mondiale, la façade de l'Hôtel de ville, peu abîmée, est restaurée à l'identique. L'intérieur, en partie détruit, est modifié lors de la reconstruction, avec la création d'un escalier monumental au centre du bâtiment. La Seconde Reconstruction fait disparaitre les lucarnes qui ornaient la toiture.

Le beffroi

Les beffrois sont typiques de l’Europe du Nord. Construits entre le XIe et le XVIIe siècle, à une époque où la plupart des villes italiennes, allemandes et anglaises s’attachent à la construction des hôtels de ville, ils accompagnent la naissance du pouvoir municipal et illustrent la puissance et la prospérité des communes. Par opposition au donjon (symbole des seigneurs) et au clocher (symbole de l’Église), le beffroi, troisième édifice en forme de tour du paysage urbain, symbolise le pouvoir des échevins. L'édifice a également des fonctions pratiques : il abrite les cloches communales, on y conserve les chartes et trésors, il accueille les réunions échevinales, sert de tour de guet et de prison.

Le beffroi du Quesnoy est, comme l'hôtel de ville, construit en 1583. C'est, dès l'origine, une grosse tour carrée construite en pierre et accolée à la maison de ville. Le profil de la ville du Quesnoy dressé par Beaulieu en 1680 (AD Nord, 50Fi2470) montre un bâtiment de plusieurs niveaux dégressifs cantonnés de clochetons, et coiffé d'une flèche. Dans sa partie centrale se trouvait une salle réservée aux gardes. Le dernier étage était réservé au guet, chargé de signaler l'approche d'un ennemi, ou les incendies. Enfin, au sommet se tenaient les cloches qui sonnaient le lever du soleil, l'ouverture et la fermeture du travail, et le couvre-feu. C'est aussi depuis cet édifice que se faisaient les proclamations à la population, ce dont témoignent les balcons encore visibles aujourd'hui sur chaque face, rappel des bretêches.

Entre 1741 et 1744, un nouveau beffroi est édifié sur les fondations du précédent, abattu en raison de sa vétusté. La partie basse subsiste encore de nos jours. Il est couvert par une toiture à deux dômes superposés cantonnés de tourelles.

En 1793, lors du siège mené par l'armée autrichienne, il est de nouveau détruit. Sa restauration n'est entreprise qu'à partie de 1806. Elle s'achève en 1808 pour les murs mais il faut attendre 1830 pour qu'il reçoive sa nouvelle toiture à l'impériale.

Pendant la Première Guerre mondiale, le haut du beffroi est détruit. Lors de la Reconstruction, la partie basse avec son socle en grès (qui a moins souffert) est conservée, tandis que les niveaux supérieurs, trop fissurés, sont reconstruits à l'identique (CAUE, 1999). Ils reprennent la répartition des quatre niveaux groupés deux par deux, les pilastres cannelés, les balcons... mais la toiture est modifiée : le bulbe de la toiture à l'impériale présente désormais des pans coupés à chaque angle et le lanternon qui la surmonte est beaucoup plus massif (AD Nord, 2O345-308). Cette esthétique, typique du style des années 1920, est proposée par l'architecte Roger-Henri Expert.

En mai 1940, le beffroi est de nouveau détruit. À la fin du conflit, il est reconstruit à l'identique sauf pour la coupole. Cette dernière, de nouveau modifiée, retrouve un aspect similaire à celui qu'elle avait avant la Première Guerre mondiale.

Le beffroi abrite aujourd'hui (2025) un carillon de 48 cloches.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 16e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 1ère moitié 18e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par tradition orale
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par tradition orale
  • Dates
    • 1583, daté par travaux historiques
    • 1700, daté par travaux historiques
    • 1744, daté par travaux historiques
    • 1830, daté par travaux historiques
    • 1920, daté par tradition orale
    • 1950, daté par tradition orale
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Expert Roger-Henri
      Expert Roger-Henri

      Fils de négociant, il est originaire d'Arcachon. Il suit des études à l'École municipale des beaux-arts de Bordeaux en peinture, à partir de 1903, et en architecture, à partir de 1905. En 1906, il rejoint l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1912, il obtient à la fois son diplôme d'architecte et le second grand Prix de Rome.

      En 1921, il est nommé Architecte des bâtiments civils et palais nationaux.

      En 1922, il devient enseignant à enseignant à l'École des Beaux-Arts, puis chef d'atelier entre 1934 et 1953.

      Il travaille beaucoup dans sa région d'origine pour de riches particuliers mais mène également des commandes publiques comme la reconstruction d'une partie de l'hôtel de ville de Reims. Il réalise le Pavillon de la France à l'exposition universelle de New-York en 1939, en collaboration avec Pierre Patout.

      (voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-Henri_Expert - consulté le 15 décembre 2026)

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      architecte attribution par source

L'Hôtel de ville

Le bâtiment, de plan rectangulaire, est bâti à front de rue. Ses façades sud-est et sud-ouest ouvrent sur de petites places. Le beffroi jouxte l'extrémité nord-ouest.

L'Hôtel de ville est couvert par une toiture à longs pans en ardoise qui s'achève par une croupe côté sud-est. La toiture est bordée par un large chéneau.

Le bâtiment est construit en pierre de taille sur un soubassement en moellons de grès. Il compte deux niveaux, séparés par un grand plein de travée composé d'un bandeau de triglyphes et métopes nues et d'une corniche à ressauts très débordante. L'élévation s'achève par un bandeau d'attique, associant corniche à ressauts, bandeau nu et frise de denticules et de billettes. Enfin, une corniche moulurée en pierre soutient le chéneau. Les façades sont ordonnancées à travées : trois pour celle latérale et seize pour la façade sur rue. Les baies, couvertes par un linteau, sont délardées. Elles sont séparées par des pilastres - dosseret, toscans au premier niveau et ioniques au second.

Les deux travées centrales bénéficient d'un traitement particulier. Au premier niveau, elles sont réunies pour laisser la place à une porte bâtarde. Les pieds-droits sont ébrasés et décorés de volutes et de guirlandes de laurier. Au centre du linteau l'agrafe - une tête de femme également entourée de guirlandes de laurier, de feuilles de chêne et de volutes -, porte une console qui soutient le centre du balcon situé au second niveau.

Ce dernier précède les deux baies centrales. Avec sa balustrade en pierre et sa situation dans l'axe de la salle du conseil, il est une résurgence de la bretêche médiévale. Les consoles à volutes qui soutiennent le balcon sont décorées de motifs végétaux. Au-dessus de ces deux baies, le bandeau d'attique s'orne de rinceaux. C'est le seul endroit de la façade où il est décoré.

Enfin, un grand fronton armorié réunit les quatre travées du centre de la façade. Les rampants moulurés encadrent les armes du Quesnoy entourées de trophées et de faisceaux des licteurs.

La façade arrière, construite en briques posées en appareil picard ne porte pas de décor, hormis les impostes courant entre les baies du premier niveau, le bandeau qui sépare les deux deux niveaux et la frise de petites arcatures aveugles qui achève l'élévation. Les baies du premier niveau sont couvertes par des arcs en plein cintre et celles du second niveau par des arcs segmentaires. Toutes sont couvertes par une archivolte qui reprend la forme de la baie. La façade compte un nombre de travées identique à celui de la façade principale, et la partie centrale est en léger avant-corps.

Le beffroi

Il est accolé à la façade nord-ouest de l'Hôtel de ville. De plan carré, il compte trois étages carrés et un niveau de combles. Comme l'Hôtel de ville, il est construit en pierres de taille calcaire posées sur un soubassement en moellons de grès. Il est couvert par un toit à l'impériale en ardoise couronné d'un lanternon puis d'une girouette. Chaque pan de la toiture est percé d'une lucarne à fronton en plein cintre accueillant un abat-son sur lequel est fixée une horloge.

Toutes les faces présentent une organisation identique. les niveaux sont réunis par deux grâce aux pilastres rudentés au premier niveau et cannelés ensuite. Toscans puis ioniques, ils cantonnent chaque face. Hormis au premier niveau, toutes les baies sont couvertes par un arc segmentaire appareillé. Celles du troisième niveau sont en plus surmontées d'un linteau mouluré en doucine.

Les baies des deux premiers niveaux sont réunies sous une grande archivolte moulurée en plein cintre qui repose sur un petit pilastre lisse. Les écoinçons sont décorés de motifs végétaux. Au premier niveau, les baies en plein cintre sont des arches qui permettent la circulation sous le beffroi. Au second niveau, les fenêtres sont précédées d'un petit balcon protégé d'un garde-corps en fonte associant décors géométriques et volutes. La base du balcon est décorée d'oves.

Un grand plein de travée sépare ce premier ensemble de celui constitué par le troisième et le quatrième niveau. Il est décoré d'une frise de triglyphes avec mutules et de métopes, et d'une large corniche moulurée débordante.

L'élévation s'achève par un rang de denticules alternant avec des billettes, puis par une grande corniche moulurée qui soutient l'égout retroussé du toit. Cette frise est identique à celle achevant l'élévation de l'Hôtel de ville.

Le dernier étage du beffroi, dont les fenêtres sont occupées par des abat-sons abrite un carillon de 48 cloches.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • grès moellon
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier, plan carré régulier
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit à l'impériale
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    inscrit MH, 1942, 2006
  • Précisions sur la protection

    Hôtel de ville : les façades, les couvertures et à l'intérieur : l'escalier d'honneur : inscription par arrêté du 11 juillet 1942

    Le beffroi : inscription par arrêté du 19 avril 2006

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2O345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-308 : Travaux - Mairie et beffroi : Hôtel de ville - gros travaux de réparation, 1923-1926.

Bibliographie

  • GENNEVOISE, M.J., Monographie de la ville de Le Quesnoy. Bulletin de la société d'études de la province de Cambrai (Histoire de Flandre, Tournaisis, Cambrésis, Hainaut, Artois), tome XXXII, 1932.

    Membre perpétuel de la société d'études.

  • DUVIVIER, Jules (abbé). Le Quesnoy : ses annales, ses sièges, ses fortifications. Réédition. Paris : Le livre d'histoire, 1994. (collection Monographies des villes et villages de France).

    Première édition : Lille : Société d'édition du Nord, 1934. 194 p.

  • GILOTEAUX, Paulin (abbé). Histoire de la ville de Le Quesnoy : des origines à nos jours. Réédition. Paris/Autremencourt : Office d'éd. du livre d'histoire, 1997. (collection Monographies des villes et villages de France ; 1643).

    Première édition : Le Quesnoy : chez l'auteur, Œuvres charitables, 1960. 175 p.-24 pl.

  • AUXENT, Béatrice, DEBRABANT, Bernard. Le Quesnoy, connaissance d'une ville forte ou la métamorphose d'un lieu. Lille : CAUE (Conseil Architecture Urbanisme et Environnement) du Nord, 1999. 53 p.

Documents figurés

  • [Profil de la ville du] Quesnoy, par Beaulieu, 1680 (AD Nord - Provenances diverses : plans concernant le département du Nord, 1581-1922).

    AD Nord : 50Fi2470
  • Guerre Mondiale 1914-18 - 14 : Le Quesnoy - l'hôtel de ville, carte postale, [sans date] (AD Nord, 5Fi55).

    AD Nord : 5Fi55
  • Guerre Mondiale 1914-18 - 12 : Le Quesnoy - l'hôtel de ville, carte postale, [nom d'éditeur illisible, sans date] (AD Nord, 5Fi56).

    AD Nord : 5Fi56
  • 1105. Le Quesnoy - Hôtel de ville, carte postale, Imprimerie J. Delbreuve, [sans date] (AD Nord, 5Fi53).

    AD Nord : 5Fi53
  • Le Quesnoy - Un coin des fortifications, carte postale, [sans date] (AD Nord, 5Fi40).

    AD Nord : 5Fi40
  • 1 - Le Quesnoy - Le beffroi, carte postale, Imprimerie Delbreuve, [sans date] (AD Nord, 5Fi76).

    AD Nord : 5Fi76
  • Beffroi et façade arrière de l'hôtel de ville depuis la rue Fournier, photographie prise après la Seconde Guerre mondiale (coll. part.).

    Collection particulière
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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