Photographe de l'Inventaire général du patrimoine culturel, Région Hauts-de-France depuis 2021.
- inventaire topographique, canton de Cassel
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aires d'étudesCommunauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo
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Adresse
- Commune : Oxelaëre
Présentation
Implantée sur le flanc sud du mont Cassel, entre 70 m d’altitude au nord et 46 m au sud, la commune d’Oxelaëre s’inscrit dans un paysage varié et contrasté, façonné par la topographie et l’eau. Le territoire est traversé par un réseau hydrique dense, comprenant notamment la Bornhol Becque, la Peene Becque - affluent de l’Yser - et la Schoe Becque.
Au nord du village, les terrains plus pentus et boisés composent un environnement bocager où domine l’élevage laitier. Vers le sud et l’est, les pentes s’adoucissent et laissent place à un paysage d’openfield typique de la plaine flamande, marqué par la polyculture : pommes de terre, betteraves, céréales et cultures légumières. Cet équilibre entre bocage et plaine ouverte confère à Oxelaëre une identité agricole forte et diversifiée.
Le sous-sol, composé majoritairement de limon argilo-sableux - localement appelé clyte - est faiblement perméable, ce qui explique la présence ancienne de nombreuses mares. À proximité du mont Cassel, la couche devient plus argileuse, influençant la nature du bâti et de l’occupation des sols.
Au début du XXᵉ siècle, en 1906, la commune comptait 120 maisons pour 515 habitants, un chiffre révélateur d’une relative stabilité démographique malgré l’exode rural qui marqua fortement d’autres territoires à la même époque. En 2022, l’Insee recense 255 maisons pour 533 habitants, dont 18,8 % datent d’avant 1919 (soit 43 maisons anciennes), témoignant d’une évolution maîtrisée du bâti.
Le village s’organise autour d’un carrefour principal formé par la rue de Saint-Omer et la rue des Montagnards, là où se concentre le cœur historique au nord du territoire communal. Les autres habitations se dispersent dans la campagne, en petits hameaux ou en fermes isolées.
La ligne TGV traverse la commune d’est en ouest, où elle se scinde en deux directions, dont une ligne TER desservant la gare voisine de Bavinchove.
La situation privilégiée d’Oxelaëre, sur le versant sud du mont Cassel, à l’abri des vents dominants, en fit dès la fin du XIXᵉ siècle un lieu de villégiature recherché par les familles bourgeoises de la région lilloise. Aujourd’hui encore, le village connaît un renouveau résidentiel lié à l’attractivité du secteur casselois, tout en conservant son caractère verdoyant, fleuri et profondément attaché à son identité rurale.
Origines et Antiquité
Un article paru dans le Bulletin du Comité Flamand de France n°132 de juin 2024 (DUCROCQ P., STYZA A., 2024 : p. 46-57) et un rapport de sondages archéologiques réalisés en 1989 permettent de préciser les formes anciennes d’occupation du territoire d’Oxelaëre.
Les origines du peuplement sont très anciennes. Des prospections pédestres livrent plusieurs fragments et éclats de silex attribuables à la Préhistoire et au Néolithique. En 1989, un diagnostic archéologique mené sur le site de Bree Veld révèle un important mobilier daté de La Tène finale (dernier âge du Fer), attestant une occupation structurée du site dès cette période.
Le territoire est ensuite traversé par deux anciennes voies romaines reliant Cassel à Thiennes et Cassel à Thérouanne. Des prospections menées au XIXe siècle mettent en évidence le tracé de la voie Cassel–Thiennes, large d’environ sept mètres, constituée de grès ferrugineux et de cailloux bleuâtres. Sous le cimetière actuel, une vaste nécropole à incinération, datée du Ier au IVᵉ siècle, est découverte en 1825, accompagnée d’un riche mobilier militaire et des vestiges d’une villa gallo-romaine.
Moyen Âge
Le toponyme "Oxelaëre" est attesté dès 1115 sous la forme latine Osclarum, puis Ocslera en 1130. Il se nomme encore aujourd’hui Okselare en flamand. L’étymologie renverrait à la "terre défrichée" (laer) d’Oschis ou d’Ans, ou, selon une autre hypothèse, à la "clairière aux bœufs" (du germanique oxe et laer).
Des sondages archéologiques mettent au jour plusieurs fosses et fragments de céramique médiévale, confirmant une potentielle continuité d’occupation du site depuis l’Antiquité.
XVIIIe siècle
Au XVIIIᵉ siècle, Oxelaëre demeure un territoire agricole, ponctué de grandes fermes flamandes. Parmi elles, la ferme des Templiers (ill.), située à proximité immédiate de l’église, se distingue par son organisation autour d’une cour rectangulaire pavée de grès de Cassel et par ses vastes volumes en brique. Le nom évoque les possessions médiévales de l’ordre du Temple dans la région de Cassel.
C’est également à cette période que s’élève le domaine Lenglé de Schoebecque, implanté au nord du centre du village, marquant la présence d’une élite terrienne aisée sur le territoire communal.
XIXᵉ siècle
Le XIXᵉ siècle marque pour Oxelaëre une phase de stabilité rurale, tout en amorçant la modernisation du village. L’église Saint-Martin, d’origine médiévale, subit en 1843 d’importants travaux à la suite d’un ouragan : la flèche est alors restaurée et recouverte d’ardoises neuves de Fumay. Autour d’elle, l'édification du presbytère, de la mairie, de l’école de filles et de l’école de garçons structurent le cœur de bourg.
En 1848, la création de la voie ferrée et l’installation de la gare à Bavinchove stimulent la croissance du village : la rue principale, en limite communale, devient un axe de développement industriel et résidentiel. De nouvelles maisons de village apparaissent, tandis que de grandes propriétés bourgeoises, telles que le château Plichon (non visité, voir ill.) aujourd'hui détruit, s’établissent sur les pentes du mont Cassel, attirées par la quiétude et le paysage.
Un ancien pont en brique, probablement du XIXᵉ siècle, franchit la Peene Becque rue Neuve, rappelant l’importance des infrastructures hydrauliques dans l’organisation du territoire.
Le XIXᵉ siècle s’inscrit ainsi dans une continuité : un village agricole qui se modernise, tout en conservant son identité.
XXᵉ siècle
Le XXᵉ siècle poursuit cette évolution. Au début du siècle, le village s’embellit de demeures remarquables et d’équipements civils. En 1908, l’artiste et illustrateur Henri Morin fait édifier le Clos Saint-Bertin dans un vaste parc arboré, sur les plans de Georges Van den Broeck, architecte à Bergues. En 1911, c'est l'architecte Louis Welcomme qui conçoit une villa bourgeoise de style néo-classique tardif, marquant la continuité architecturale du tournant du siècle.
Durant la Première Guerre mondiale, Oxelaëre, situé à l’arrière du front, accueille des troupes d’infanterie en transit et abrite l’état-major allié dans le domaine Dujardin (ancien domaine Lenglé de Schoebecque).
Les années 1920 voient la construction de la chapelle Sainte-Marie et du monument aux morts, symboles du renouveau de l’entre-deux-guerres. En 1928, la ferme du Merveld illustre la reconstruction des exploitations agricoles anéantie pendant le conflit.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le château Plichon, occupé par les Allemands, sert de dépôt de munitions pour la Wehrmacht, qui y entrepose près de 2000 tonnes d’explosifs destinés à la destruction de Cassel - un projet qui est finalement abandonné en rapport aux scrupules, dit-on, de l'officier en charge.
La seconde moitié du siècle marque une modernisation maîtrisée du territoire. En 1989, la ligne à grande vitesse traverse la commune d’est en ouest.
XXIᵉ siècle
Au XXIᵉ siècle, Oxelaëre s’engage dans une dynamique de valorisation patrimoniale et environnementale. En 2021, la commune inaugure la centrale solaire photovoltaïque d’Oxelaëre, installée sur vingt-cinq hectares au sud de la voie ferrée, le long de la route d’Aire-sur-la-Lys. Le domaine Lenglé de Schoebecque est restauré à des fins résidentielles et une maison de santé construite à proximité en 2024.
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Sites de protectionabords d'un monument historique
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Documents d'archives
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AD Nord : 2 O 276 (1 à 48)
AD Nord. Série O ; 2 O 455 : 455/1-70. Affaires communales - Oxelaëre.
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AD Nord : M 474 / 455
AD Nord. OXELAERE. Recensement de la population. 1901 [en ligne].
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Service régional de l'Archéologie Hauts-de-France : non coté
FRANCE. DRAC Hauts-de-France. Service régional de l'archéologie (SRA). Oxelaëre : rapport de sondages. Par BLANQUAERT G., BOSTYN F., VANHEE C. [Lille] : AFAN, 1989.
Périodiques
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Comité Flamand de France - Bibliothèque
BOEREZ, Jean-Luc, CHAINTREAU, Marc. Un Lillois en résidence à Oxelaëre : Albert Dujardin (1847-1903). Bulletin du Comité Flamand de France, n°116, 2019.
p. 8-14 -
Comité Flamand de France - Bibliothèque
Oxelaëre. Bulletin du Comité flamand de France, numéro spécial, bulletin n°132, juin 2024.
article de DUCROCQ P., STYZA A.
Lien web
- Oxelaëre. Cadastre consulaire, 23 octobre 1805 (1er brumaire an 14) [en ligne]. (AD Nord ; Série P 30 / 273). [consulté le 10/05/2025]
- Oxelaëre. Cadastre napoléonien, 1833 [en ligne]. (AD Nord ; Série P 31 / 076). [consulté le 10/05/2025]
- Oxelaëre. Recensement population, 1906 [en ligne]. (AD Nord ; Série M 474 / 455). [consulté le 10/05/2025]
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.
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